Histoire


L'histoire du vignoble à Vienne est fortement liée à l'histoire de la ville. Cette ville antique avait un port d'importance et faisait commerce de nombreux produits dont des poteries, de la draperie et bien sûr du vin produit dans la région, qui avait un goût naturel de poix et dont les amphores se vendaient très chers notamment à Rome.

« Vienne, vers la fin du 1er siècle, était aussi connue par les vins de son territoire que par sa richesse et par sa puissance ; elle dut à leur qualité supérieur presque autant de célébrité qu’à la magnificence de ses monuments et au goût de ses habitants pour les lettres et les arts ».
BAFFERT Pierre, Annales Dauphinoises, 1901.
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Amphores romaines retrouvées à Vienne



Ces vignes survivent à l'empire romain et sont toujours présentes au Moyen-Age, grâce aux nombreuses communautés religieuses présentes sur Vienne. Le vin est à cette période assez dépendant des écclésiatiques qui le font prospérer.

« Moi Ermengarde, reine douairière, épouse de feu roi Rodolphe, je rends à la sainte Eglise, construite hors de la porte méridionnale de la ville de Vienne, en l’honneur des saint apotres Pierre et Paul, certaines vignes qui avaient été autrefois la propriété du monastère. Elles sont situées le long des murailles de cette même ville, dans le Val des Jardins, et ont pour confins et limites, du matin la voie publique, qui est dite mediane ; du couchant le Rhône ; du côté du nord, c’est-à-dire du côté de l’eglise de Saint Pierre, le petit ruisseau nommé Fuissin ; du midi, autre terre appartenant au monastère de Saint-Pierre ».
Charte du 20 septembre 1057, extrait du cartulaire de Saint-Pierre.
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Pressoir reconstitué au musée archéologique de Saint-Romain en Gal



Nous retrouvons des traces de ces vignes tout au long de notre histoire et l'hymne du poète Claude Expilly en 1624 nous parle de
« Seyssuel au bon vin ». Les vignobles ne sont plus des dépendances des églises et se repositionnent sur les meilleurs terroirs en coteau.

« On remarque dans les parties du territoire de Vienne dépendante du Dauphiné, Les vins de Seyssuel, de la Porte-de-Lyon et de la Ravette. Seyssuel est un village au nord de Vienne, qui en est éloigné d'une lieue : la vigne y croit dans des collines sèches et arides, formées par des débris de schistes micacés granitoïdes ; elle y produit la moitié moins qu'à Côte-Rôtie, et elle craint beaucoup la sécheresse : le vin en est clair, léger et du plus agréable parfum. Lyon en consomme beaucoup et l'on en fait des envois dans le nord du royaume. L'on fait aussi à Seyssuel un vin blanc, clair comme eau de roche, léger et sec, mais très coulant. Les vins de la Porte de Lyon se recueillent sur les côteaux en amphithéâtre placés au nord de la ville de Vienne. La consommation principale se fait à Vienne et à Lyon, où il passe pour du vin de Seyssuel».
FAUJAS DE SAINT FONDS Barthélémi, Histoire naturelle de la province de Dauphiné, 1781.
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Saint-Vincent, Saint-Patron des vignerons, présent dans la sacristie de l'Eglise Saint-André le Bas.



Plus récemment, François Rouault dans son ouvrage sur la géographie agricole de l'Isère, nous indique que plus de 6 000 hectares de vignes étaient plantées dans l'arrondissement de Vienne au début du XXe siècle, pour une production de près de 150 000 hectolitres et les vins de ce secteur sont très bien considérés.


« Vienne à 24 kil. S. de Lyon, récolte, sur les coteaux qui l’entourent au nord, des vins qui ont du corps, du spiritueux et un bon goût. Ils sont presque tous consommés à Vienne et à Lyon. Reventin à 6 kil. S., et Seyssuel, à 4 kil. N. de Vienne donnent des vins qui ont du corps, du spiritueux et une légère odeur de violette qui les rend agréable ».
JULLIEN André, Topographie de tous les vignobles connus, 1816.

 
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L'ancien Chateau de La Batie, aujourd'hui en ruines, des vignes viennent d'être replantées devant il y a quelques années



Puis au cours du siècle dernier, les vignes sont peu à peu abandonnées suite à la concurrence des vins d'autres régions plus facile à produire, au développement d'autres secteurs d'activités plus rentables, à la pression foncière, ...


« La vigne tient encore une place importante dans le Viennois. Certes, les coteaux escarpés des rives du Rhône apparaissent en partie abandonnés ; sur ces terrasses qui donnaient des vins excellents, la ronce a fleuri sur les vieux ceps, la culture ne « payait » pas. Quelques vieux murs, quelques maisonnettes en ruines délaissées, attestent que pendant le siècle écoulé, beaucoup de paysans sont devenus citadins et, hélas ! sont allés dans les cités ouvrières demander à l’importation qui les avait ruinés de leur fournir la nourriture que leurs ancêtres faisaient produire au sol français ».
GAVAILET Marcelin, Vienne en France, 1947.
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Chapiteau de la Primatiale Saint-Maurice, on retrouve des vignes sur plusieurs d'entre eux.



Jusqu'à ce qu'en 1996, des vignerons se rattachent à cette histoire viticole de Vienne, la poursuivent pour que Vienne la Vineuse renoue avec son vignoble.